WALCOURT

L'entité de Walcourt

Se compose de 16 sections
Berzé, Castillon, Chastrès, Clermont, Fontenelle, Fraire, Gourdinne, Laneffe, Pry, Rognée, Somzée, Tarcienne,Thy-le-Château, Vogenée, Walcourt, Yves-Gomezée.

Le nom viendrait de l’appellation villa Walcortensis, la ferme du wallon où Materne de Cologne aurait jeté les premiers fondements d’une chapelle au IVe siècle. En fait, à l’exception de quelques monnaies et poteries romaines, on ne trouve trace du bourg qu’à partir du Xe siècle où les Walcourt sont de puissants seigneurs qui tiennent leur fief des comtes de Namur auxquels ils l’allient. Ils possèdent d’importantes terres en Lorraine et dotent généreusement l’abbaye du Jardinet et l’actuelle Basilique.

Le premier document écrit de Walcourt date 1er juin 1026 par lequel le seigneur Oduin et son épouse, firent de larges libéralités au sanctuaire Notre-Dame, dont la construction venait d’être achevée. Walcourt restera la propriété de ses seigneurs jusqu’en 1363, époque où elle fut vendue par Wéry VI à Guillaume Ier, comte de Namur.

Entourée de murailles et de tours défensives, Walcourt constitue un maillon de grande importance dans le système défensif de la frontière sud du comté de Namur. Dans les années qui suivirent, la terre de Walcourt fut cédée, vendue, rachetée, engagée et dégagée. Finalement en 1438, elle fut réunie au namurois qu’avait acquis en 1421 Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne. De la maison de Bourgogne, elle passa à la Maison d’Espagne pour enfin revenir aux abbés du Jardinet, qui en 1686, devinrent les véritables seigneurs de Walcourt.

Il est à noter que pendant la période des guerres civiles et des guerres étrangères survenues durant les xvexvie et xviie siècles et au début du xviiie, Walcourt a souffert soit de l’occupation, soit du passage presque continuel des armées ennemies. Elle fut saccagée de nombreuses fois, incendiée et soumise à des dépravations de toutes sortes, à des réquisitions et à de lourdes contributions de guerre pour l’entretien des armées en campagne.

La bataille de Walcourt, le 25 août 1689.

La politique impérialiste de Louis XIV provoque un mouvement général de résistance : la Hollande, la Suède, des princes allemands, l’Espagne, la Savoie, la Bavière, le Vatican se groupent dans la ligue d’Augsbourg en 1686.Guillaume III débarque en Angleterre et renverse Jacques II qui se réfugie en France. Louis XIV fait débarquer des troupes en Irlande d’où l’adhésion en 1688 de l’Angleterre à la coalition. La guerre va durer neuf ans. Bruxelles est bombardé, plus de 3.000 maisons sont détruites.

L’armée alliée est composée de bataillons anglais, allemands et hollandais, 30.000 hommes au total; commandée par le prince de Waldeck, cette troupe va le 22 août au matin d’Ham-sur-Heure à Thy-le-Château, Pry et Walcourt. Le maréchal d’Humières, qui se trouve à Boussu-lez-Walcourt, dispose de 40.000 soldats; il estime que l’ennemi ne fait pas le poids et décide d’attaquer. L’adversaire se replie et tend une embuscade dans la place de Walcourt bien fortifiée. Après trois heures de combats inutiles, les Français doivent se replier .

De 1792 à 1815, se trouvant sur le passage des troupes allemandes allant de France en Belgique et inversement, elle est une nouvelle fois saccagée et pillée.

Vient ensuite une période de paix avec l’indépendance du pays que viendront interrompre la 1re guerre mondiale et l’invasion de l’armée allemande. Walcourt, défendue par le 6e Régiment d’Infanterie française qui couvre la retraite de la 38e division, est occupée par les allemands après les combats du 24 août 1914 au cours desquels furent tués un officier et 20 soldats français Ce jour-là, le clocher et la toiture de la Basilique (à l’époque Collégiale) sont détruits par un incendie. Treize maisons voisines de l’édifice subissent le même sort. Lors du dernier conflit, le 16 mai 1940, 27 soldats furent tués dont l’aspirant français Vincent Dauchez reposant dans la cour du cloître au pied de la Basilique.

Les Légendes sur walcourt

Le miracle du jardinet

En 1228 un immense incendie ravagea la ville de Walcourt, Thierry II, Seigneur de Walcourt dont la cité fut détruite, crut que la statue de Notre-Dame fut également détruite dans les flammes. Mais les prêtres venus à sa rencontre, lui firent savoir qu'ils avaient vu la statue, sortant de la ville au milieu des flammes, et se poser sur l'arbre dans le jardin proche de la cité appelé Jardinet. Thierry II la retrouva au sommet d'un bouleau, au pied duquel il s'agenouilla et promit que si elle descendait, il ferait construire l'abbaye du Jardinet en ce lieu.

Le pot de Charles Quint

L'Empereur Charles Quint, en visite dans ses Provinces du Nord, s'arrêta dans une auberge à Walcourt, pour se désaltérer. Grand amateur de bière, il demanda de pouvoir goûter la bière du pays. La patronne s'empressa d'apporter le divin breuvage, mais sans doute très intimidée par le prestigieux personnage, elle lui tendit le pot en le tenant par la anse. Charles Quint ne put donc s'en saisir. Il ordonna à son serviteur de faire livrer à l'aubergiste un pot à deux anses pour que, lors d'une prochaine visite, il puisse prendre le pot de bière d'une seule main. À quelque temps de là, de nouveau de passage à Walcourt, il fit halte dans l'auberge. Mais la tenancière encore toute émue lui tendit son pot à bière, tenant fermement les deux anses. Charles Quint s'en saisit difficilement à deux mains, et loin de se décourager ordonna à son serviteur de faire livrer un pot à trois anses. L'année suivante, plus par curiosité que par la soif, il fit une nouvelle halte dans l'auberge, pour vérifier que ses ordres avaient été suivis, et réclama son pot de bière. La serveuse intimidée et sans doute un peu sotte, lui tendit le pot fermement maintenu par les deux anses, mais avec la troisième dirigée vers elle ! Charles Quint, autant amusé qu'agacé dut donc passer sa main entre la chope et la poitrine de l'aubergiste pour se saisir du pot, il garda toutefois son calme et ordonna à son fidèle serviteur de faire livrer un pot à quatre anses. Lorsqu'il revint à l'auberge, le pot avait quatre anses opposées. L'empereur pouvait enfin prendre correctement sa bière et la déguster tranquillement.

le Folklore

Chaque année se déroule une procession en l'honneur de Notre-Dame-de-Walcourt ; elle accomplit un périple autour de la ville appelé « Le Grand Tour ». Elle est rehaussée d'une escorte ou « marche militaire », comprenant des soldats de l'époque napoléonienne et des zouaves, accompagnés de fifres et de tambours. Au milieu de la journée, autour d'un bouleau, le « Jeu scénique du Jardinet » commémore le miracle de la statue de la Vierge qui, fuyant la basilique incendiée au XIIIe siècle, aurait été retrouvée sur un arbre.

Cette marche de la Trinité tout comme celles de LaneffeTarcienne et Thy-le-Château fait partie des quinze marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse qui ont été reconnues en décembre 2012 comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO7