SIVRY-RANCE

Sivry-Rance

(en picard Chevri-Rance) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Les premières mentions datent du xe siècle sous le nom latin de "Suuriacum" (Superiacus) signifiant Propriété ou Habitation sur une terre élevée, ou du Gallo-Romain "Superius" ayant la même signification.

Sivry-Rance est limitrophe des communes wallonnes de BeaumontChimay et Froidchapelle, ainsi que du département français du Nord.

L'Entité de Sivry-Rance est composée de 5 villages :

 

Grandrieu est le village situé le plus au nord de l'entité de Sivry-Rance. Il s’étend sur une superficie de 1.691 hectares dont 255 sont occupés par des bois. Il jouxte la frontière française (Hestrud) et le sud de Beaumont. Son nom provient du latin «Grandis Rivus» qui signifie «Grand Ruisseau». L’existence du village remonte à l’époque Romaine, des vestiges ont été découverts fin du 19ème siècle. Plus récemment, le village fut également traversé par Napoléon qui, se rendant à Beumont, fut retardé par les chemins boueux et dut abandonner un de ses canons.

Sautin est presque le point central de l’entité, son nom proviendrait du latin «Salictinus» (petite saulée) ou «Saltus» (bois herbeux). Plus jeune village de l’entité mais aussi du canton de Beaumont. Avant le 1er janvier 1914, il était un hameau de Sivry. Le besogné de 1608 précise que le hameau de Sautin fait partie intégrante de Sivry, mais une description à part prouve qu’il a une communauté de vie bien distincte de la paroisse mère. Dès 1834, une poignée de personnes réclament l’autonomie communale du hameau. En 1858, «le comité séparatiste» s’allie avec les hameaux de Vieux Sart, Blagnies, les Culots, les Voies de Renlies. Après maintes actions, revendications et formalités administratives, Sautin devient indépendant le 10 avril 1914 jusqu’en janvier 1977 lors de la fusion des 5 communes et d’un hameau, le hameau de la Gare de Sivry (commune de Solre-St-Géry), Montbliart, Sivry, Grandrieu et Rance. Sa superficie est de 644 hectares dont environ 200 hectares indivis avec Sautin.

Sivry se situe à 11 km de Beaumont. Superficie : 2.355 ha dont 1.084 ha de bois. Altitude : 211,4 m (185-259). Cours d'eau : source de la Thure. Population : 1.356 habitants. Ancien code postal en 1976, avant la fusion des communes : 6598. Ce village était cité dans le testament de sainte Aldegonde (673) - Suvriacas - qui le donna à l'abbaye de Maubeuge. L'abbaye de Maubeuge a toujours détenu la dîme et la collation de la cure. L'existence de la paroisse était déjà signalée au XIIe siècle. Au XIe siècle il appartenait au comte de Hainaut dans le domaine de Beaumont et le resta jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Le 31 juillet 1603, un incendie causé par un orage, détruisit l'église et 19 maisons. Comme les habitants étaient royalistes, ils abandonnèrent leur village en octobre 1793 à l'arrivée des troupes françaises. En 1815, après la bataille de Waterloo, les troupes alliées firent de grosses réquisitions lors de leur passage. Les 25 et 26 août 1914, quatre-vingt-trois maisons furent incendiées, ainsi que l'église et l'école communale. Quatre habitants furent fusillés par les Allemands. Au XIXe siècle à côté de l'agriculture, de petites entreprises travaillaient la laine et le bois. Au moment de l'Indépendance, on comptait à Sivry 130 métiers à tricoter des bas de laine et 12 métiers à tisser la toile. Il y avait aussi des horlogeries, 1 raffinerie de sel et des forges. Les saboteries de Sivry étaient très renommées. Vers 1850, la crise économique vit la fermeture de ces entreprises. Il s'en suivit le chômage et la misère. A la fin du XIXe siècle, la commune comptait 250 km de haies. Le 10 avril 1914, Sivry perdit le hameau de Sautin qui devenait une commune à part entière.

Rance se situe à 13 km de Beaumont. Superficie: 1.929 ha dont 1.186 ha de bois. Altitude: 221,4 m (215-272). Cours d'eau : l'Eau d'Eppe. Population: 1.454 habitants. Ancien code postal en 1976, avant la fusion des communes : 6478. Cité déjà au XIe siècle - Rancia - le village faisait partie de la terre de Beaumont, sauf entre 1356 et 1476. Jean de Hainaut fit édifier un château fort en 1323. En 1356, Robert de Glynes était le seigneur du lieu. A la fin du XVe siècle en 1483, Jaques de Glynes vendit la seigneurie à Guillaume de Croÿ, qui la réunit à la terre de Beaumont. Le 28 novembre 1640, un combat opposa Français et Espagnols. Cette bataille se solda par la mort de 300 hommes qu'on enterra au cimetière Maladrerie et on érigea une chapelle. L'extraction du marbre dit le "Rouge de Rance", fit la renommée du village, surtout au XVIIe siècle. Ce marbre qui était, dit-on, unique au monde, a décoré la chapelle Sixtine au Vatican, l'abbaye Saint-Jean des Vignes à Soissons, Notre-Dame de Liesse (Aisne), le Louvre, Versailles, la cathédrale de Tournai, la chartreuse de Pavie (Italie), etc. L'industrie sidérurgique connut également une certaine prospérité. Au XVIe siècle la famille Jacquier installa des forges et haut-fourneaux. Au XIXe siècle trois carrières de marbre étaient toujours en activité, de même que deux scieries de marbre, trois fabriques de potasse, une brasserie et un moulin à blé. L'exploitation forestière a connu le déclin après la Première Guerre mondiale.

Montbliart est le plus petit village de l’entité. Ses 510 hectares s’éparpillent dans un paysage de collines et de vallées, découpées par l’Helpe Mineure et le Ry de Fromont, ce qui lui donne le nom de “ Petite Suisse ”. Montbliart est également le village natal de Paul De Sorbait (1624-1691), musicien, philosophe, soldat, professeur de médecine et recteur à l’université de Vienne. En 1678, il aurait guéri à Vienne l’Impératrice Eléonore d’un flux de lait et lui aurait sauvé la vie. Montbliart eut également son académie. En effet le surréalisme belge s’est développé à Bruxelles et dans le Hainaut. C’est ainsi sous l’impulsion notamment d’Achille Chavée que le mouvement a trouvé ses racines les plus sociales. Le groupe entendait bien rompre avec un monde d’inégalités et de conventions. C’est donc par dérision que deux des adeptes du poète hennuyer, l’écrivain André Balthazar et le peintre sculpteur Pol Bury, baptisèrent pompeusement «Académie» une modeste masure transformée en maison de campagne qu’ils louèrent au début des années 1950.