Samart

Le nom de la localité provient de la contraction du nom du patron de l'église Saint-Mard ou Médard.

Au Sud de Philippeville, beau village en calcaire étiré du Nord au Sud sur une sorte de promontoire. Au centre, masses importantes du château-ferme et de l'église qui se tournent vers une petite place. Aux extrémités, successions de maisons et de fermes souvent chaulées sous toitures de tuiles rouges, d'ardoises ou d'éternit, surtout du XIXe siècle ou aménagées au XXe siècle.. Quelques constructions plus anciennes dont on remarquera les numéros 1, 2, 2a et 20 de la rue de la Chapelle. Ensemble perturbé à l'Ouest par une maison récente mal intégrée.

Curiosités et noms typiques de rues.

Eglise paroissiale Saint-Médard, Château-ferme de Samart,

Ancien moulin de Samart (Grand'Moulin), Rue de la Chapelle, Rue Ernest Lahaye

Lieu-dit "Sauvage pré"

A proximité du chemin de terre qui relie Samart à Sautour, à quelques centaines de mètres d'intervalle, deux bornes marquées "FRANCE / 1776" et "LIEGE" identiques à celles de la rue de la Chapelle.

On connaît mal le passé du village, qui a été habité à l’poque romaine (trouvailles de médailles des 1er et IIe siècles).

Le nom primitif en aurait été Ercheneles (d’après le spécialiste Jules Herbillon), cité dans le polyptyque de Lobbes (868-869) sous le nom de Eucharlia. Ce nom va disparaître au profit du patron de l’église, ce sera donc Saint-Médard jusqu’au XVIIe siècle, puis Samart. Une dame noble de Florennes, Hersinde, et son beau-frère (ou son mari ?) Eilbert (945-977), auraient donné deux terres à l’abbaye de Waulsort.

On cite un Walter de Saint-Mard en 1147 dont la famille reçoit de la maison de Morialmé le village en fief. Samart relèvera donc de la cour féodale de Morialmé et de la terre de Florennes, dans la principauté de Liège. Signalons que les seigneurs du lieu se feront appeler aussi … Saint-Marc.

Une autre branche de cette famille possèdera le village voisin de Neuville de 1547 à 1737, date à laquelle Charles d’Aux Brebis de Saint-Marc vend ses droits à l’abbé de Florennes.

En 1244, Gossuin de Neuville donne la dîme et le patronat de l’église à l’abbaye d’Aulne. Au siècle suivant, les Templiers en sont les possesseurs puis les Hospitaliers.

Au xvie siècle, les Saint-Mard font place aux Romerée, puis aux Aux Brebis et enfin aux Glymes, avec entretemps, les Baudrenghien.

En 1793, le village fait partie du canton municipal de Villers-en-Fagne comme Merlemont, Roly, Sart-en-Fagne et Sautour, dans le cadre du district de Couvin et du département des Ardennes.

Le village, essentiellement agricole, a toujours possédé un moulin ; de 1881 jusque dans les années 1920, on y a extrait du marbre rouge ; aujourd’hui, les prés occupent 72 % du territoire et la seule activité est l’élevage de bovins.

Le Patrimoine

Château-ferme remarquable érigé en 1552, avec un porche aux armes des Glymes de Brabant et une tourelle d’imposte avec le blason des Baudrenghien. La haute toiture du logis seigneurial à quatre pans, inclinés à 60° et son volume important ne sont pas sans rappeler les manoirs de tradition médiévale.

La petite église à une nef compte trois pierres tombales de curés (xviie et xviiie siècles) et, au mur nord du chœur, une stèle d’une sculpture de belle facture représentant Jacques aux Brebis († en 1579) et son épouse, Andrienne du Pontderémy († 1574), agenouillés et accompagnés de leurs saints patrons. Huit blasons encadrent l’inscription.

Une autre pierre tombale sert de seuil à la porte arrière de l’ancien presbytère : il s’agit d’un morceau de la tombe de Thomas de Romerée, seigneur du lieu, décédé en 1514 ; le fragment de 139 x 70 cm représente la moitié d’un homme en armes, épée en main, portant un écu.

La cloche de l’église a été fondue en 1687 par deux artisans venus du Bassigny (Haute-Marne). Elle avait été offerte par frère Roger de Humières, de  l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Liège († en 1687 à Malte), un parent de l’épouse d’un seigneur.

Il subsiste dans les champs des bornes, placées en 1776 à la limite de Philippeville, à la suite d'un échange de territoires acquis au traité de 1772 entre le roi de France et le prince-évêque de Liège.

Dans le cimetière, une croix datée de 1556 porte une inscription pratiquement illisible en lettres gothiques. (mur nord)

Le village a vu naître un sculpteur renommé, Ernest Lahaie (Samart 1872 - Namur 1840), à qui on doit  les monuments aux Morts de la Première Guerre mondiale de Bourseigne, Dave, Silenrieux et Temploux.

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