FROIDCHAPELLE

L'origine du nom de Froidchapelle ou Froid-Chapelle viendrait d'un moine nommé Féroald qui aurait, selon la légende, bâti une chapelle à cet endroit qui aurait pris le nom de Féroald-Capelle qui deviendra avec le tempsFroid-Chapelle.
Les premières mention du village de Froidchapelle date de 673 sous le nom de Froildi Capella, en 1188 sous le nom de Frocapella. À partir de 1964, il sera décidé de ne plus orthographier Froid-Chapelle mais bienFroidchapelle.
L'anthroponyme Féroald ou Frodwald est issu des mots germain hrod signifiant « gloire » et de waldan signifiant « gouverner ».

Si l'on conteste à bon droit l'authenticité du testament de sainte Aldegonde, il n'en est pas moins certain que le chapitre de Maubeuge fut, dès ses origines, propriétaire de la forêt de Rance, au sein de laquelle furent créées au xiie siècle les villes-neuves de Froidchapelle, Fourbechies et Rance.

Vers 1188, Baudouin VI de Hainaut donne au chapitre de Maubeuge, avec l'agrément de Ghislain, châtelain de Beaumont, son vassal, deux tiers de la dîme de Froidchapelle et d'autres droits sur cette paroisse. Cette donation était en fait une restitution et celle-ci nous indique que la paroisse de Froidchapelle existait dès cette époque.

À la fin de l’année 1477, une échauffourée a lieu à Froidchapelle entre nos troupes et les Français, au lieu-dit Boudrimont.
/> Maximilien d’Autriche, fils de l’empereur Frédéric III, et Marie de Bourgogne sont reçus à Mons le 2 novembre 1477 où ils font leur Joyeuse Entrée. Les Français, qui tiennent garnison à Chimay et dans les environs, au nombre de 600 cavaliers et 300 fantassins, font des excursions jusqu'à Beaumont.
Les seigneurs de Barbençon et de Witem, avec Gilles de Bouzanton, dit le Veau, seigneur de Lompret et d’Imbrechies, à la tête de 500 hommes, les ayant cherchés et rencontrés à Froidchapelle, les chargent avec tant de vigueur qu'ils les mettent en fuite et font 20 tués et 250 prisonniers.
L’année suivante, une trêve est enfin conclue entre Louis XI et Maximilien ; le roi de France doit restituer toutes les places du Hainaut.

En juillet 1596, les habitants se rendent à Beaumont pour accueillir leur nouveau seigneur, Charles de Croÿ, prince de Chimay, comte de Beaumont : tous les subjets et manans du village dudit Froid-chapelle avec les autres villages de la dite comté furent recueillir sa dite excellence (…) tous fort bien armés et équipés, avec leur enseigne dépliée et tambour battant (…) donnèrent une décharge d’une infinité de coups d’arquebusade.

Comme c’était malheureusement le cas partout, les villageois souffraient des passages nombreux de bandes armées. Aussi, quand la paix était signée, c’était l’occasion de grandes réjouissances :

a. La paix des Pyrénées en 1659 — Il a été donné (…) à Thomas le Dunsin, pour avoir venu avec son tambour que l’on fait les feux de joie de la paix. ""A Jean Lardin par ordonnance du mayeur et des échevins pour 50 pots de bière (NB. à 4 pintes !) bues par les garçons du village à la publication de la paix. 5 livres.

b. Traité de Nimègue en 1679 — Livré et mené une corde de leigne (= bois) pour faire le feu de joie.

c. Traité de Rijswick en 1697 — Deux cordes de leigne menées sur la place pour faire les feux de la paix (…) pour la poudre distribuée aux réjouissances.

A l’époque française, le village fait partie du canton municipal de Beaumont, département de Jemappes, pour redevenir une commune autonome en 1800. De la fin juillet à octobre 1814, elle est versée temporairement dans le département du Nord.
En 1798, un habitant, Jean-Baptiste HAZARD, est condamné à 4 ans de fers pour avoir abattu l’ arbre de la liberté, il est exposé au carcan puis envoyé à Brest où il décède peu après son arrivée. On a retenu le nom de 12 soldats de Napoléon décorés en 1858 de la médaille de Sainte-Hélène et de 19 autres, dont quelques-uns sont décédés aux quatre coins de l’Europe.

Fin des droits d’usage — A partir de 1836 les bois, qui appartenaient à la Société Générale, sont cédés à diverses sociétés comme Coghen-Bernard et la Sté De Coppin. La dernière nommée veut mettre fin à la vaine pâture dont disposaient les habitants sur les 2.162 ha du Bois-le-Comte alors que les propriétaires les limitaient à 697 ha. Après de nombreuses transactions, un accord est trouvé le 26 mai 1851. Les propriétaires rachètent définitivement les droits d’usage et accordent une somme de 48 000 F à la commune.

Défrichement — Dès 1855, la société de Frédéric Brugmann (Dortmund 1779 - Bruxelles 1852) acquiert un premier bien, celui de la Ferrière septentrionale, qui sera suivi de beaucoup d’autres. En 1858, il décide le défrichement de 1.000 ha et la construction de 8 fermes pratiquement identiques. Le 1er bâtiment qui voit le jour est celui d’Hurtau, à la limite de Cerfontaine, dont le domaine qui s’étend sur 164 ha.

Fourbechies est détaché de Froidchapelle — avec beaucoup de difficultés et d’amertume de part et d’autre — par une loi du 2 juin 1868 (le hameau sera réintégré le 1er janvier 1965...).

Le ballon — En 1870, Paris, assiégé par les Prussiens, a recours aux ballons captifs pour garder le contact avec l’extérieur. 71 partiront de la capitale dont 5 atteindront en Belgique. Le 16 octobre, le 16e ballon à prendre l’air — le Jules-Favre 1er — atterrit dans la commune. A son bord, 195 kg de dépêches, 6 pigeons voyageurs, le pilote et … 4 voyageurs.

Chemin de fer — En 1879, on multiplie les emprises pour le chemin de fer de Chimay à Frameries (future ligne 109). L’année suivante, on autorise l’installation d’une briqueterie sur le tracé de la voie à … 55 m du bois d’Hernois ; on envisage la fabrication de 800 000 briques pour la construction de la gare.

La Première Guerre mondiale — La commune compte une quarantaine de combattants dont 5 meurent au front (le monument aux Morts porte 7 noms …) et 85 travailleurs civils déportés en Allemagne le 25 novembre 1916, dont 8 ne reviendront pas. La veille de l’armistice, un avion britannique tombe à Martinsart ; ses deux occupants, un Écossais et un Canadien sont tués.

La Seconde Guerre mondiale — En 1942, la liste remise au roi Léopold III par le Comité d’Initiative pour la Libération des Prisonniers wallons compte 37 noms pour la commune pour Froidchapelle. L’un d’eux décède en captivité. On déplore aussi la perte d’un déporté et la veille de la libération, d’une habitante.

Cinq avions sont tombés sur le territoire de la commune durant la guerre : 2 allemands et 3 alliés, deux britanniques et un américain. Signalons que durant l’année 1944, un champ d’aviation — satellite de Florennes — pour chasseurs de nuit a été implanté à Cerfontaine, à la limite de Froidchapelle vers le Lègnery et Martinsart.

Le 2 septembre 1944, à la veille de la libération, on a frôlé la catastrophe. Un coup de feu est tiré vers 15 h, à la Pierraille, sur les Allemands en retraite. Aussitôt, c’est un déluge de feu : une personne de 68 ans qui sort d’une maison est touchée mortellement, une maison est incendiée. Trois hommes du quartier sont arrêtés et conduits au centre du village où ils resteront plus d’une longue heure face au mur de l’église, en attendant qu’on ait rassemblé 50 habitants pour les fusiller. Dans le village, c’est le sauve-qui-peut. Heureusement, l’officier (probablement un SS), qui veut faire payer cette agression et faire un exemple, vient de recevoir l’ordre d’avancer. Son successeur, plus calme et plus pondéré, exige du bourgmestre qu’il se porte garant de ses concitoyens pour qu’il n’y ait plus d’incident du genre. A 20 heures, les derniers Allemands doivent quitter la commune. Le lendemain matin, les Américains les ont remplacés.

Enseignement primaire — À côté de l’école communale existe aujourd’hui encore une école libre tenue de 1881 à 1970, par les religieuses Filles de Marie de Pesche.

Personnalités liées à la commune

  • François-Joseph Gossec, compositeur, violoniste, directeur d'opéra et pédagogue, il sera le musicien le plus honoré sous Napoléon Ier, né à Vergnies (entité de Froidchapelle)en 1734, il décédera à Passy en 1829.
  • La Redoute, surnom d'Alexandre-Stanislas Leclercq (1775-1822), fils d'un maître de forges, qui fait les 400 coups et nargue la gendarmerie, nouvellement créée. Malheureusement, c'est aussi un assassin qui abat de sang-froid un concitoyen âgé de 18 ans. Pour ne pas être arrêté, il passe en Angletere où il enseigne le français. Il a écrit des mémoires pleines de forfanterie et de vantardise. En 1971, Guy Heynen, pour lors surveillant à l'École technique des garçons, de Rance, a fait un montage audiovisuel avec fondu-enchaîné, qu'il présenta avec trois anciens élèves dans une vingtaine de séances dans la botte du Hainaut et environs.
  • Daniel Van Buyten, joueur international de football, né en 1978.