COUVIN

Couvin (en wallon Couvén) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Namur et faisant partie de l'arrondissement de Philippeville. Située en Calestienne et frontalière avec la France, Couvin a été le berceau de la fabrication des raquettes de tennis Donnay. Couvin est le chef-lieu du cantonregroupant sa propre commune et celle de Viroinval.

C'est la deuxième commune de Belgique pour ce qui est de la superficie avec 206,93 km².

On voit Charles le Chauve céder « Coubinium in pago laumacense » (Couvin au pays de Lomme) à l’Abbaye de Saint-Germain- des- Près, fondée à Paris vers 556 par le fils de Clovis, Childebert.  

Le domaine est cédé en 996 en échange d’autres territoires à Robert II, Roi de France qui désirait en doter sa sœur Hedwige, fiancée au Comte de Hainaut Regnier IV. Couvin a conservé le souvenir des moines français qui l’avait évangélisée. L’église est dédiée à Saint-Germain et la rue principale porte le nom de Faubourg Saint-Germain. Couvin a fait partie du Hainaut pendant tout juste 100 ans.

En 1096, en effet, Baudouin II, qui a besoin d’argent pour partir en croisade, vend le domaine au Prince Evêque de Liège : Otbert pour 50 marcs d’or. Cette vente comprend non seulement Couvin et ses dépendances de Frasnes, Nismes, Pesche et Boussu-en-Fagne, anciennes possessions des moines de St Germain mais aussi les villages de Gonrieux, Dailly, Petigny et Aublain qui appartenaient jadis à l’Abbaye de Lobbes mais que la Comte de Hainaut avait réunis à son domaine de Couvin au cours du XI ème siècle.

Ainsi, après être passé successivement aux mains du Roi de France, des moines de St Germain et du Comte de Hainaut, Couvin allait faire partie jusque 179?, de la Principauté de Liège.

La première forme connue du nom de Couvin est, comme on l’a vu, Cubinium (872) qui se transforme ensuite en Cuvinium (Xe S.), Cuvinum (1061). Certains ont voulu voir dans Cubinium le terme latin « Cubilis », litt. Couvin serait « le lieu où l’on passe la nuit ». D’autres ont cru pouvoir remonter au celtique « cob », c’est à dire « victoire » et proposent de traduire Couvin par « ville de la victoire ». De quelle victoire s’agit-il ? Même Jean d’Outremeuse ne nous le dit pas, qui pourtant, désireux sans doute de donner à Couvin lettres de noblesse par une très vénérable antiquité, attribuait sa fondation à un Roi de Tongres ayant vécu vers 534 avant J.-C.

On ne parle de « châtellenie » (Castellania de Covino) qu’à partir de 1218 dans un acte par lequel le Seigneur de Chimay y délimitait ses droits ainsi que ceux de l’Evêque de Liège. Sa composition, c’est – à- dire les neuf localités de Couvin, Frasnes, Nismes, Pesche, Boussu-en-Fagne, Gonrieux, Dailly, Petigny et Aublain, va rester inchangée jusqu’à la fin de l’ancien régime.

En 1301, la châtellenie est dotée d’une charte urbaine définissant les droits du Prince-Evêque et des habitants. Elle sera complétée en 1377. Ce sont là les deux plus anciennes chartres de Couvin, confirmées ultérieurement notamment par la « Grande Chartre »d’Ernest de Bavière de 1581, leurs dispositions sont restées en vigueur, dans leurs grandes lignes, jusqu’à la fin de l’ancien régime.

En 1547, Charles Quint achète le village de Frasnes, sur le territoire duquel il bâtit la place forte de Mariembourg. Située à l’extrémité sud de la principauté de Liège, la châtellenie de Couvin à pour limites,      à l’ouest, la principauté de Chimay, relevant du Hainaut, et au sud, la France, dont la sépare le ruisseau de Regniowez. A l’est, elle est limitée par la baronnie de Vierves, de mouvance liégeoise et au nord, par d’autres terres liégeoises. Les deux premières frontières, celles avec le Hainaut et la France, sont encore celles d’aujourd’hui. Etant donné la position géographique exceptionnelle de Couvin par rapport au reste de la principauté, le Prince-Evêque de Liège y délégua ses pouvoirs à ses châtelains. En 1565, le Prince-Evêque rachète aux Seigneurs de Chimay leur charge de châtelains de Couvin. A partir de ce moment, la châtellenie est placée sous l’autorité d’un officier du prince, le bailli.